Internat pour filles, protection des petits producteurs de vanille… Naomy Rasolofonirina: un engagement pour la dignité à Madagascar
PORTRAIT – Patronne engagée et passionnée, elle dirige, à Madagascar, l’une des principales maisons de vanille de l’île. Un produit de luxe exporté à prix d’or qui va de pair avec une réalité sociale faite de pauvreté extrême, de prostitution des jeunes filles et d’exploitation des producteurs.
Elle s’appelle Naomy Rasolofonirina. Sa langue fourche sur l’une des très nombreuses syllabes. Elle se reprend et répète en riant, avant même qu’on ne lui pose la première question. Son nom est long, sinueux, imprononçable d’un seul trait. « C’est très compliqué. Moi non plus, je n’y arrive pas toujours », s’amuse-t-elle. À Madagascar, ces patronymes à rallonge sont une spécificité nationale, et pour les non-Malgaches, ils demeurent un casse-tête. Naomy a choisi d’en faire une entrée en matière et même une signature. Elle dit avec humour la fierté de ses origines et désamorce le sujet par le rire avant d’entrer dans « le dur ». Car derrière le sourire et la plaisanterie, Naomy est une femme en colère. Mais sa colère est froide, empreinte de lucidité, et surtout elle la veut constructive, au service des autres.
